Carl-Gustav Jung, un fameux personnage

> Suisse né le 26 juillet 1875 et mort le 6 juin 1961

  • La genèse

Nombre de gens, aujourd’hui, ont entendu parler de Sigmund Freud en tant que fondateur de la psychanalyse.  Inspiré par les travaux du psychiatre Breuer et de sa propre pratique médicale et psychologique, il a jeté les bases d’une psychologie des névroses et développé une pratique de l’écoute de la parole et des rêves de ses patients qu’il dénomme « psychanalyse ».  Dans le contexte de la rigidité des mœurs de l’époque, il a constaté l’importance des dénis de pulsions sexuelles ainsi que des traumatismes d’enfance sur la genèse de diverses névroses, dont particulièrement l’hystérie à laquelle étaient sujettes de nombreuses femmes

Nombre de praticiens, sont venus à lui en quête de formation à de nouveaux outils d’action.

Parmi eux, certains ont voulu, en partant des recherches de Freud, élargir l’approche à une dimension qui les interpellait plus particulièrement.

Je cite brièvement – et pas dans l’ordre :

    > Wilhelm Reich, médecin-psychologue et militant communiste, qui élargit l’approche strictement verbale de Freud à une psychanalyse du corps, notamment par la lecture des contractures, estimant que les ouvriers et paysans étaient plus maîtres du geste que du verbe et pouvaient donc mieux être traités à partir du corps alors que des personnes de milieux plus intellectualisés passaient plus facilement par la parole.

     > Alfred Adler, lui aussi influencé par le Marxisme, met l’accent sur la vie collective et le rôle que chacun y joue ; il prend comme première entité sociale la famille et observe le positionnement comportemental de chacun en rapport avec sa place dans la fratrie et son sexe (étant donné le statut de la femme, socialement inférieur à l’époque).
 
    > Georg Groddek, médecin généraliste praticien de la psychosomatique, qui, à partir de l’approche psychanalytique invite ses patients à s’interroger sur la manière dont le symptôme de la maladie peut leur servir à satisfaire des besoins et désirs inconscients et, par là, à trouver un chemin différent de celui de la maladie afin de les satisfaire.

    > Carl-Gustav Jung, enfin, qui lui aussi, voit apparaître des influences psychiques qui, d’après lui dépassent le cadre posé par Freud. Celui-ci, en effet, lors de ses analyses, prend en considération uniquement l’histoire individuelle de la personne alors que Jung découvre des interactions beaucoup plus vastes.

  •   Sa trouvaille

En effet, il constate que les forces qui agissent au sein du psychisme d’un individu ne sont pas seulement celles de sa sexualité refoulée et celles de son histoire propre mais qu’il partage des influences communes à l’ensemble de l’humanité.

Il arrive à cette conclusion, non seulement à partir de ses travaux cliniques mais aussi parce qu’il a beaucoup voyagé et consacré beaucoup de temps à écouter des personnes de cultures très différentes, à étudier différentes religions, mythologies, poésie, contes, traditions, etc… Il lui est alors apparu, deux phénomènes qui vont être à la base de son approche spécifique :


    > à travers l’espace et le temps, on trouve des structures et des personnages similaires dans les diverses mythologies, même s’ils sont revêtus de noms et d’apparences différents et spécifiques à la culture donnée ;

    > les rêves de personnes avec des histoires individuelles très différentes, et de cultures diverses, laissent apparaître des structures et des personnages fort semblables à ceux de ces diverses mythologies.

Il en conclut à l’existence d’un bagage commun à l’ensemble de l’humanité et qui reste inconscient tant qu’il n’a pas été mis en évidence. Il dénomme ce bagage « inconscient collectif » et estime que chacun peut y puiser tout un matériel de construction et de réparation psychique.

Comme il arrive souvent de personnes qui ont élaboré des idées et pratiques novatrices, Freud supportait mal que ses disciples envisagent le psychisme humain et la psychanalyse autrement que lui.

Il a donc désavoué ces disciples qui, après avoir beaucoup appris de lui se montrèrent indépendants et, à leurs tours, créatifs et novateurs.

Jung fut de ceux-là et en 1913 intervint une pénible rupture entre les deux hommes.

A partir de là, Jung est amené à poursuivre sa route seul (même si soutenu par un certain nombre de personnes qui reconnaissent de la valeur à ses travaux) et élabore sa propre méthode psychanalytique connue sous le nom de « Psychologie des profondeurs ».

Tu n'y verras clair qu'en regardant en toi. Qui regarde l'extérieur, rêve. Qui regarde en lui-même, s'éveille. [Carl Jung]

Archétypes et Voie de l'Imaginaire Le pourquoi de cette approche méthodologique

  • La perspective constructiviste

Pour comprendre la richesse du cheminement imaginaire, il me paraît important de le regarder à travers le filtre d’une épistémologie constructiviste qui part du principe qu'il n'y a pas une vérité absolue ou, du moins, que si elle existe, elle n'est pas à notre portée. Et, en effet, nous ne possédons, pour percevoir le monde, que cinq petits sens bien limités. Mon chien entend et sent des trucs que moi, génial être humain, je n'entends pas et ne sens pas. Ainsi, il m'attend à la porte parfois cinq minutes avant même que je n'arrive dans la rue.  Sans compter le fait que je ne vois jusqu'au "bout", malgré les outils amplificateurs, ni l'infiniment petit, ni l'infiniment grand ou éloigné. Comment puis-je dès lors prétendre que mes sens m'informent sur "La Vérité"... Par contre, j'ai la chance de posséder un autre outil, qui est ma conscience. Et grâce à elle, je construis "Ma Vérité". Et comme ma conscience à moi est unique, même si elle a des similitudes avec la conscience des autres humains, je ne peux que développer l'humilité qui me permet de dire que Ma Vérité n'est pas forcément La Vérité.

 Jung a souvent été décrié notamment parce qu'il parle de ce qui ne se "voit" pas et ne se mesure pas (comme le dit le narrateur dans "Le petit Prince", les adultes ont toujours besoin de chiffres pour que les choses leur paraissent sérieuses).  Bien heureusement, les avancées de la physique quantique nous amènent à comprendre les sciences à partir d’un angle de vue plus ouvert et constructiviste.

  • Inconscient collectif et archétypes

Dans les différentes cultures humaines, à travers le temps et l'espace, tout un bagage commun imaginaire, mythique, poétique se retrouve, bien que présenté sous des formes différentes, marqué par des structures et types de personnages semblables.
Ce bagage, à travers ses spécificités, constitue le substrat des cultures. Je prends, bien sûr, le mot "culture" dans son acception large et ne résiste pas au plaisir de citer la définition qu'en donnait mon ethnologue de père, Ita Gassel: "C'est l'outillage, à l'aide duquel un groupe humain perçoit le monde, comprend le monde, agit sur le monde; c'est ça façon d'être au monde."

Jung constate que lorsque les Humains laissent parler leur intériorité, ils contactent ce bagage commun. Cela se produit, par exemple, à travers les rêves. Pour lui, par-delà le vécu strictement individuel du rêveur, les rêves intègrent et expriment des éléments (personnages, évènements...) qui appartiennent à ce bagage imaginaire commun à l'Humanité. Et, attention ! Le mot "imaginaire" n'implique pas que cela ne soit pas vrai ! L'imaginaire est peut-être un instrument très perfectionné pour percevoir la part de réel qui est inaccessible à nos sens et partiellement à notre raison !

Il constate encore que, sans la référence interne à ce bagage, l'être est, psychiquement, malade, déséquilibré, à côté de ses bottes. A force de voyager, à la fois dans de multiples cultures et dans l'âme de ses patients (ainsi que dans la sienne propre), il parvient à établir des lois de fonctionnement de ce bagage commun ainsi que de la manière dont les individus et les sociétés s'y "accrochent" ou s'y "branchent".

Il appelle "inconscient collectif" ce bagage commun et "archétype", chacun des éléments qui le constituent et qu’il compare à des organes.

  • Education et archétypes

On élève un enfant en l’amenant à rencontrer son bagage archétypal ; on lui permet de se raccrocher au courant de l'humanité, de développer le sentiment de sa puissance d'action... Autrement dit, on lui apprend qu'il est quelqu'un qui compte au sein d'une collectivité humaine dont il n'est pas indépendant.
On lui procure aussi tout un outillage de "construction-réparation" de son être intérieur.
Il atteindra plus facilement un équilibre psychique satisfaisant et une meilleure réalisation de lui-même.

Outre le "simple" environnement sensible, les objets de connaissance intellectuelle: les nombres, par exemple, ont toujours nourri l'imaginaire et l'Esprit des plus éveillés des hommes. Ils sont lourds de multiples sens. Les lettres, également, qui avant de servir d'outils de communication entre êtres humains, constituaient des supports à certaines pratiques rituelles, magiques ou de divinations (c'est-à-dire une autre forme de communication, à la fois interne et externe). On le sait bien pour les runes des Nordiques ou l'usage fait des lettres hébraïques dans la Kabbale. C'est moins connu pour certains alphabets des peuples "sans écriture" d'Afrique, notamment.

Alors, bien sûr, si on peut, en enseignant les mathématiques, laisser parler les nombres et leurs combinaisons, à l'âme des enfants; et en enseignant la lecture et l'écriture, laisser parler l'énergie portée par les lettres et leurs combinaisons, plutôt que de ne placer son attention que sur le développement d'une utilisation rationnelle et efficace -productive- de ces connaissances, on va peut-être, là aussi, contacter le bagage archétypal de manière constructive et permettre à l’enfant de se donner un sens profond aux apprentissages.

Il en est de même pour les formes:
- la spirale, qui évoque souvent l'évolution de l'être, l’essence de la vie, on sait maintenant qu'elle est très représentée dans la nature -en nous comme hors de nous- dans l'ADN, notamment.

- le pentagramme, symbole important dans l’Islam et dans plusieurs mouvements ésotériques et mis en exergue par Leonardo Da Vinci. Prenez une pomme et coupez-la en deux transversalement: vous obtenez deux pentagrammes bien visibles. Il faudra enlever les pétales des la rose pour l'y découvrir également... Or la pomme n'est-elle pas un symbole riche de sens dans notre culture (le pommier du Druide et le gui qui, rarement, y pousse ainsi que, bien sûr, la pomme de la connaissance) ? Et la rose ne porte-t-elle pas toutes les promesses, à la fois de l'amour terrestre, humain, et de la plus haute évolution spirituelle ?

Ces quelques pistes ébauchées pour laisser entrevoir au lecteur le riche potentiel que recèle l’utilisation de l’Imaginaire dans l’éducation de l’enfant, potentiel dont j’ai mainte fois expérimenté l’efficacité sur le plan des apprentissages, au point d’adopter comme nouvelle approche professionnelle, la Voie de l’Imaginaire.

Le 17 janvier 2011: conférence: "L'Atelier de Devoirs et vos enfants"","description":"Pour que la no

Le 19 novembre, vous êtes invités à une conférence sur l'Atelier de Devoirs. Nous vous y attendons avec joie.

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Atelier

Le samedi 4 décembre 2010, nous jouerons à ce splendide jeu, voyage vers Soi et vers une transformation que nous projetons.

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